Un contrat néerlandais ne se lit pas comme un contrat français, et le brut ne se compare pas au brut. Comme le dossier de location repose entièrement sur ces éléments, autant les comprendre avant de signer : votre type de contrat décidera de ce que vous pouvez louer.
Les types de contrat, et ce qu'ils valent pour un bailleur
C'est le point que les nouveaux arrivants sous-estiment le plus. Un propriétaire amstellodamois regarde d'abord la stabilité de vos revenus. Si la case « durée indéterminée » n'est pas cochée chez vous, voyez louer à Amsterdam sans CDI.
- Contrat à durée indéterminée (vast contract) : l'équivalent du CDI. C'est le meilleur dossier possible, et il ouvre presque tout.
- Contrat à durée déterminée (tijdelijk contract) : très courant, souvent d'un an renouvelable deux fois. Acceptable si la durée restante couvre le bail. Un bailleur peut demander une durée supérieure à douze mois.
- Contrat zéro heure (nulurencontract) : aucune garantie d'heures. C'est le dossier le plus difficile à faire passer, même avec de bons revenus réels.
- Intérim (uitzendcontract) : très répandu aux Pays-Bas, notamment en phase 1 ou 2, où la rupture est libre. Souvent refusé seul par les bailleurs.
- Indépendant (zzp) : il faut des bilans, des relevés et souvent une réserve d'épargne. Voyez notre guide du dossier de candidature.
Si votre contrat n'est pas encore signé, demandez une lettre d'engagement (intentieverklaring) mentionnant la date de début, le salaire et la durée. Elle vaut dossier auprès de la plupart des bailleurs, et elle vous fait gagner des semaines.
Lire une fiche de paie néerlandaise
La fiche de paie (loonstrook) tient sur une page et ressemble peu à son équivalent français.
- Brutoloon : le salaire brut mensuel.
- Loonheffing : le prélèvement à la source, qui regroupe impôt sur le revenu et cotisations sociales. Il n'y a pas la longue liste de lignes de cotisations à la française.
- Vakantiegeld : la prime de vacances, égale à 8 % du brut annuel. Elle est mise de côté chaque mois et versée en une fois, généralement en mai. Elle fait partie de votre rémunération : intégrez-la à votre calcul annuel, mais pas à votre budget mensuel.
- Reiskosten : l'indemnité de trajet domicile-travail, exonérée jusqu'à un certain montant par kilomètre.
- Pensioenpremie : la cotisation retraite, souvent partagée avec l'employeur.
- Nettoloon : ce qui arrive sur le compte.
Beaucoup de bailleurs raisonnent en brut annuel vakantiegeld compris. Un salaire affiché de 4 000 € brut par mois représente donc 51 840 € par an, ce qui change le calcul du plafond de loyer.
Les revenus exigés pour louer
La règle habituelle à Amsterdam : trois à quatre fois le loyer en revenu mensuel brut. Sur un logement à 2 000 €, cela signifie 6 000 à 8 000 € brut par mois pour un dossier confortable.
Pour un couple, les revenus sont généralement cumulés, ce qui élargit beaucoup le champ. Le détail des justificatifs attendus est dans notre guide BSN, inschrijving et revenus exigés, et notre calculateur vous donne le revenu à justifier pour un loyer donné.
Le 30% ruling, si vous y avez droit
C'est l'avantage fiscal qui change le plus le net d'un expatrié recruté depuis l'étranger : une part de la rémunération est versée en exonération d'impôt, sous conditions d'expertise, de salaire minimum et de distance de résidence antérieure.
Deux points qui touchent directement au logement :
- Le ruling augmente votre net, mais les bailleurs raisonnent en brut. Il ne relève donc pas mécaniquement votre plafond de loyer, même s'il améliore votre confort réel.
- Sa durée et ses conditions évoluent régulièrement. C'est un point à vérifier avec votre employeur avant de bâtir un budget dessus.
Le détail est dans notre guide du 30% ruling et du logement.
Les impôts, en pratique
- L'impôt est prélevé à la source par l'employeur. Vous n'avez rien à avancer.
- La déclaration annuelle (aangifte) se fait en ligne avec DigiD, entre mars et mai. Le formulaire est prérempli et prend souvent moins d'une heure.
- La première année donne très souvent lieu à un remboursement, parce que le prélèvement a été calculé sur une année complète alors que vous n'avez travaillé que quelques mois.
- Le logement locatif ne donne droit à aucune déduction. La fameuse déduction des intérêts d'emprunt ne concerne que les propriétaires.
- Si vous avez encore des revenus ou des biens en France, vérifiez la convention fiscale franco-néerlandaise avec un conseiller. C'est le point où l'improvisation coûte cher.
Congés, préavis et ce qui change du droit français
- Congés payés : vingt jours légaux minimum pour un temps plein, souvent vingt-cinq dans la pratique.
- Préavis : en général un mois côté salarié, un à quatre mois côté employeur selon l'ancienneté.
- Période d'essai (proeftijd) : un ou deux mois selon la durée du contrat, et la rupture y est libre des deux côtés. Un bail signé pendant la période d'essai est un risque à mesurer.
- Arrêt maladie : l'employeur maintient au moins 70 % du salaire pendant deux ans, ce qui est nettement plus protecteur qu'en France.
- Temps partiel : beaucoup plus répandu et bien mieux accepté qu'en France, y compris chez les cadres.
L'ordre à respecter quand on arrive pour un poste
- Obtenez la lettre d'engagement avant de partir : elle vous sert de dossier de location.
- Trouvez un logement où l'inscription est possible. Sans cela, pas de BSN, et sans BSN votre employeur ne peut pas vous déclarer correctement.
- Inscrivez-vous à la commune dans les cinq jours et récupérez le BSN.
- Transmettez le BSN à l'employeur, souscrivez l'assurance santé dans les quatre mois, demandez votre DigiD.
- Ouvrez un compte néerlandais : la plupart des employeurs versent le salaire sur un IBAN NL.
C'est ce séquencement qui fait qu'une prise de poste se passe bien ou mal. Le détail figure dans notre guide des démarches et du DigiD.